dimanche 13 septembre 2009

La salade mythologique

Une œuvre anonyme, d'inspiration collective sans doute, est née au siècle d'Offenbach et de sa Belle Hélène, certainement dans l'ambiance stimulante des salles de garde. Pieusement transmise de génération en génération par tradition orale, elle est sans doute l'un des monuments les plus achevés du folklore carabin. Derrière la paillardise du récit, par-delà la profusion des pires calembours qui soient, se devine la vraie culture classique dont étaient nourris les apprentis toubibs de la Belle Époque. Est-ce qu'Ulape eût aimé les audaces de ce jeune Grec venu rendre visite à sa tante et cherchant à lui témoigner son affection de toutes les façons possibles ?
Que les amateurs de jeux de mots se précipitent, ils seront comblés ! Que les intellectuels méprisants passent au large, cette salade n'est pas pour eux : riche en sel, généreuse en poivre, largement épicée, elle ne peut donner d'aigreurs qu'aux pisse-vinaigre. En revanche, les digestions innocentes ne risquent pas d'en être troublées car les regards purs n'y verront qu'une barbare accumulation de mots sans suite.

Je ne traduirai que les premiers chants, puis au cours du troisième, je m'éloignerai sur la pointe des pieds pour vous laisser chercher et savourer le reste.

mythologie

Chant premier

Pénélope éné d'oreste héra sis
Que je vous archonte ulysse troie.
Nous phéniciens de déjanire,
Il n'était pas tartare,
Encore était titan que cela phénix !
Je m'étais borée d'homère encelade,
Et peu s'en phallus que je n'eurotas
Tant je sentais l'éros
Se rebellérophon de mon estomac.
Somme toute, j'étais achéron ...

Traduction : Prenez la peine de rester assis que je vous raconte une histoire. Nous finissions de déjeuner, il n'était pas tard tard, encore était-il temps que cela finisse ! Je m'étais bourré de homard en salade, et peu s'en fallut que je ne rotasse tant je sentais les rots se rebeller au fond de mon estomac. Somme toute, j'étais assez rond !

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Chant second

J'étais vénus à Pâris pour faire la fête.
Fallait voir comme j'ai thémis !
J'avais ma casquette à hellespont,
Un noeud gordien, un colchique,
Et je tenais mon styx à pomone d'hécate,
J'avais pluton l'air d'un aristote
Que d'un pelée !

Traduction : J'étais venu à Paris pour faire la fête. Fallait voir comme j'étais mis ! J'avais ma casquette à pont, un noeud gordien, un col chic et je tenais mon stick à pommeau d'agate. J'avais plutôt l'aitr d'un aristo que d'un pelé !

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Chant troisième

J'allais rendre visite amathonte.
Je frappe à sa cambyse... Pan!... Pan!...
Atrée ! dit-elle.
J'atrée ... Egerie, car j'arrivais fort atropos.
Elle était anchise persée en train d'uranie.
Elle se leva et gynécée comment elle cypris,
Mais après un paphos sur dédale numide,
Alphée le grand Icare et je lui ai Vulcain.
Il n'est pas aphrodite,
Il est pollux et apollon
Et je crois même qu'elle circé poils
Afin qu'ils narcissent.
Ce n'est pas vraiment la toison d'or !

Traduction : J'allais rendre visite à ma tante. Je frappe à sa cambuse : Pan, pan ... Entrez, dit-elle. J'entrai, ... Et j'ai ri, car j'arrivais fort à propos. Elle était en chaise percée en train d'uriner. Elle se leva et je ne sais comment elle s'y prit, mais après un faux pas sur les dalles humides, elle fait le grand écart et je lui ai vu ...

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Chant quatrième

La voyant cybèle, je tombe à ses junon,
Je commence par des pattes d'arachnée
Puis j'illysus lycaon
Hélène énée qu'elle a vénus
Car j'avais mis ses jupiter.


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Chant cinquième

Alors, je tityre mon dardannus
Qui satyre d'une bellone sans qu'on léda.
Dès qu'elle le voit elle s'écrit :
"Qu'il érèbe ! Phédon !"
On se met thalie, je l'euterpe à bras-le-corps
Et d'un seul coup, je la chloé.
Je pousse, il faut cassandre ou calchas.
Télémaque ! L'atrée, oreste, n'était pas thésée
Bien que tout le monde hymette.
Médée qu'elle laocoon
Voilà castor et qu'elle en radamanthe !

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Chant sixième

Elle crie : "Odyssée bon !.... Iliade quoi mourir !"
Ca prométhée !... J'en tircis !... C'est baucis !
Mais je ne puis alexis
Car cela n'arrange pallas antée.
Que cérès si j'avais proserpine !
Ménélas je n'en neptune !
Alors, on nessus pas ? demandai-je.
Quand céphée, elle soupire :
"Qu'est-ce que ça minerve !... Fais moi donc minos."
"Hébé, que je fais, ç'atlas pas"
"Au contraire ... surtout ssi tu me caresse aussi les thétis."
Après, elle saturne vivement
Et je l'hercule par troie fois sans qu'il m'en priape.


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Chant septième

Au plus fort de l'ixion, voilà qu'elle fait un pégase ;
Elle vesta si vous aimez mieux.
Ce doux zéphyr, bien qu'éphémère,
N'était pas parfumé osiris !
Cela sentait pluton le chloris dryade d'amon eaque,
Elle amphion. Elle en fit zeus. Elle amphitrite !
Faudrait bien ganymède un python
Dans la ligne mais diane d'éphèse
Pour forcer l'uranus à cythère !
Mais tout a une fin :
Je retire mon eupolis car je crains que son péluse.
Elle supplie : "Oreste encore ... Est-ce que je thessalie ?"
"Bah ! que je lydie, ce n'est qu'un peu de mède !"

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Chant huitième

Hécate jour après mon nestor ...
Je me mets à psyché des lames de rasoir.
Hellas ! Que m'avait-elle danaé là !
Que phaéton en pareil cas ?
On centaure lapithe de harpie,
On se fait des ajax io, mais ce n'est pas des sisyphe
Cela ne sert presque ariane.
Et je daphné chaque jour plus malade.
Après simoïs ou un andromède au mercure
Le mal avait empyrée
Fallait-il qu'on me la cupidon ?
Agamemnon ! J'aimerais mieux qu'on me la pinde
L'armire épire que le mal !
Passant, silène te démange,
Némésis itaque de corynthe calchas
Ou callipyge la éole !

mythologie

Source : Claude Gagnière, Pour tout l'or des mots chez Robert Laffont, 1065 pages d'érudition et de drôlerie. Voilà 6 ans aujourd'hui que Claude Gagnière instruit les dieux.
Comme disait Georg Christoph Lichtenberg :
"Que celui qui a deux pantalons en vende un et se procure ce livre".


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