vendredi 3 avril 2009

Crimes exemplaires

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"Ami lecteur, tu te tiens au rayon littérature d’une bonne librairie, plus précisément en position debout, les jambes en appui.
Tu feuillettes le recueil Crimes exemplaires de Max Aub, écrivain espagnol, ami de Buñuel, Dali et Lorca, co-scénariste du film L’Espor avec Malraux, commanditaire du Guernica de Picasso.

Emprisonné en 1940, il erre de camp de concentration en prison, puis s’évade et rejoint le Mexique où il écrit trois romans, des recueils de contes, du théâtre, rédige à lui seul une revue. C’est en 1956 qu’il publie ce recueil, catalogue d’une centaine de crimes accomplis par agacement, impatience, principe ou charité - considéré aujourd’hui comme un classique.

Ami lecteur, tu hésites encore malgré tout cela, tu poses et reprends le livre, tu le reposes, puis finalement tu sors de la bonne librairie, les mains vides. C’est ainsi que sur le trottoir je te rattrape et t’occis. L’aurais-tu simplement acheté, ce livre (il n’est même pas cher), tu serais encore en vie."

L'oeuvre de Max Aub, déplorons-le, a été peu traduite en français, à l'exception de quelques titres publiés chez Galliimard dans les années 60 - dont la fameuse biographie illustrée de Torres Campalans, un peintre imaginaire dont l'écrivain alla jusqu'à fabriquer les oeuvres !
Crimes exemplaires, paru au Mexique en 1956 est peut-être son livre le plus diffusé de par le monde
[...]
De quel livre s'agit-il au juste ? D'un petit volume de confessions ? Peut-être. A la faveur d'une préface mi-figue mi raisin, où mauvaise foi et sincérité confondent assez vertigineusement leurs rôles, l'auteur nous laisse croire que les "crimes" dont il est question dans son livre sont le fruit d'une longue enquête auprès des divers (et nombreux) assassins qu'il a pu croiser sur deux continents. Mais très vite l'on sent que ces actes irréparables il les prend à son compte : oui, c'est bien lui qui les a commis (ou rêvé de commettre).


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Je l'ai tué parce qu'il était de Vinaroz

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- Plutôt mourir ! me dit-elle. Et dire que ce que je voulais par-dessus tout c'était lui faire plaisir

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Je l'ai fendue de haut en bas, comme une bête, parce qu'elle comptait les mouches au plafond pendant que je lui faisais l'amour.

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Le pauvre, il était si laid que chaque fois que je le rencontrais, c'était comme une insulte. Il y a des limites à tout.

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Vous pouvez demander au Club d'Echecs de Mexicali, au Casino d'Hermosillo ou à la Casa de Sonora : je suis, j'étais, un bien meilleur joueur d'échecs que lui. Il n'y a pas de comparaison. Et il a gagné cinq parties de suite. Lui, un jour de classe C ! Au mat j'ai pris le fou et je lui ai enfoncé, ils disent que c'est dans l'oeil. Le véritable mat du berger.

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J'ai glissé et je suis tombé, à cause d'une peau d'orange. Il y avait du monde. Ils se sont tous mis à rire. Surtout la petite marchande qui me plaisait beaucoup. Elle a pris la pierre en plein milieu, juste entre les deux yeux : j'ai toujours bien visé. Elle est tombée les quatre fers en l'air, en montrant sa fleur.

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Je l'ai tuée pour ne pas lui faire de peine.

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