C'est l'heure de pointe. Nous sommes dans le métro. Il va bientôt partir. La voiture est bondée, plus une place assise, strapontins impraticables, des mains se chevauchent presque sur les barres d'appui.
Les passagers : des femmes épuisées par la journée de travail, des mômes au bord de l'étouffement, des travailleurs revenant d'un labeur éreintant et au bord du sommeil, du blanc, du black, du beur, bref, la population métropolitaine quotidienne.
Au milieu, un grand flandrin, westons aux pieds, costume Cardin sur chemise Versace, un noeud papillon et une pochette dépassant discrètement au niveau de la poitrine, le cheveu Tomcruisien, négligemment décoiffé. Il tient la barre d'appui du bout de deux doigts, dans l'autre main, manucurée de frais, il tient un portable collé à l'oreille; pour se faire entendre à travers l'ambiance sonore du lieu, il tonitrue avec un accent "Ernest-Antoine" à couper au couteau:
"- Marie-Sophie ?
Ha ha ha !
Tu ne devineras jamais où je suis !
Mort de rire ...
J'étais tellement à la bourre entre le brunch d'Albina et la garden-party au Polo :
j'ai eu l'idée de prendre le métro !
Géniaaal, non ?
Le mé-tro, je te dis !
The Tube, darling !
Siii !
Je te juuuure !
Ha ha ha !
Comme les ploucs !"
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